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Rapport d'observation

Monitoring déterministe par piégeage photographique

Quatre photos de lynx sont visibles. Deux photos montrent chacune le même lynx. Les taches par lesquelles les individus ont été reconnus sont entourées en rouge.
Comme toutes les espèces de félins tachetés, les lynx ont un motif de pelage qui leur est propre. Les photos ci-dessus montrent deux individus de robes différentes (grandes taches et rosettes), photographiés sur des sites séparés. © KORA

Le monitoring déterministe par piégeage photographique a été développé en Suisse pour une espèce cible précise : le lynx. Ses principes s’appliquent cependant à toutes les espèces dont les individus peuvent être identifiés séparément par leur pelage. Le monitoring déterministe consiste à répartir des pièges photographiques de manière systématique dans une zone précise et à les laisser en place pendant une période donnée. Grâce à cette technique, le KORA est en mesure d’estimer la taille et la densité des populations de lynx et de chats sauvages et d’observer leur évolution en répétant régulièrement les sessions de monitoring. La méthode de capture-recapture est utilisée à cette fin.

Méthode de capture-recapture

La méthode de capture-recapture permet d’estimer la population totale d’une espèce à partir d’échantillons prélevés à plusieurs reprises. Lorsque des animaux sont identifiables individuellement et qu’ils se distinguent donc les uns des autres par des caractéristiques naturelles ou artificielles, par exemple chez des félins rayés ou tachetés, leur nombre, leur probabilité de capture et les erreurs statistiques correspondantes peuvent être estimés par la prise répétée de photos (appelées « capture ») en utilisant des modèles de capture-recapture. Cette méthode permet une estimation optimale de la taille réelle d’une population mais aussi une analyse de la précision de cette estimation. C’est en règle générale le modèle Mh qui est choisi, puisqu’il autorise différentes probabilités de capture individuelles. Les modèles Mth, Mbh et M0 ont cependant déjà été utilisés dans certains cas exceptionnels. Dans le modèle M0, tous les individus ont la même probabilité de capture. Le modèle Mth permet de prendre en compte différentes probabilités de capture individuelles qui évoluent dans le temps. Dans le modèle Mbh, les individus ont des probabilités de capture différentes, qui changent après leur première capture.

Le lynx

Carte de la Suisse sur laquelle les zones de référence pour le suivi des pièges à photos sont marquées et l'habitat approprié est coloré en vert.
Base cartographique pour l’estimation de la population de lynx. Lignes noires = compartiments de gestion des grands prédateurs, lignes bleues = aires de référence pour le monitoring par pièges photographiques, zones vertes = habitat adapté pour le lynx, quadrillage de 10 x 10 km. © KORA

Le monitoring par pièges photographiques du lynx est utilisé en Suisse depuis 1998 pour déterminer la taille et la densité des populations. Le KORA réalise pour ce faire des sessions de monitoring déterministe par pièges photographiques dans ce que l’on appelle des aires de référence, qui sont réparties dans les compartiments de gestion des grands prédateurs et qui couvrent une grande partie de la zone de distribution actuelle du lynx. Chaque session est convenue au préalable avec les autorités cantonales et les gardes-chasse responsables. Dans chaque aire de référence, un certain nombre de pièges photographiques sont installés pendant 60 nuits tous les trois à quatre ans afin de collecter l’échantillon de capture-recapture. L’objectif consiste à identifier individuellement sur les photos chaque lynx par le motif de sa fourrure. Pour une identification claire, les deux flancs de l’animal doivent être photographiés, puisque les marques qui y figurent sont différentes. Ces sessions déterministes sont complétées par un « monitoring opportuniste », qui permet d’obtenir le plus d’informations possible en aval sur les lynx présents dans une région et sur le motif de leur pelage. Le KORA estime alors, sur la base des photos de lynx et du nombre d’individus, la taille de la population dans l’aire de référence en utilisant le modèle de capture-recapture et indique le nombre de « lynx indépendants », c’est-à-dire de lynx adultes établis et de lynx subadultes qui ne sont pas encore installés durablement. Les juvéniles qui suivent encore leur mère ne sont pas pris en compte ou sont comptabilisés avec leur mère. Ce nombre estimé de lynx dans l’aire de référence est ensuite converti en densité de lynx dans l’aire considérée. Le KORA calcule également la densité de population par habitat favorable, afin de comparer les densités de différentes aires de référence. L’habitat adapté au lynx en Suisse et dans l’ensemble de l’arc alpin a été déterminé en 2004 dans le cadre d’une thèse de doctorat (Zimmermann 2004). Les résultats sont publiés dans un rapport KORA après chaque session.

Les densités de population obtenues dans les aires de référence sont utilisées pour calculer la population annuelle vivant dans le sous-compartiment. Un quadrillage de 10 x 10 km a été défini pour la Suisse. Une cellule du quadrillage est considérée comme colonisée de façon permanente si des observations d’une catégorie SCALP C1 ou C2 y ont été faites pendant deux des trois dernières années. Le total de l’habitat adapté est déterminé à partir du modèle et des cellules colonisées en permanence d’un sous-compartiment (Zimmermann 2004). La densité définie lors de la dernière session de piégeage photographique dans l’aire de référence est appliquée à ce total de l’habitat approprié, ce qui permet d’estimer la population au sein du sous-compartiment. Ces extrapolations se fondent sur plusieurs hypothèses : (1) les variables d’habitat mesurées par le KORA sont correctes, (2) les densités dans l’habitat favorable figurant dans et à l’extérieur de l’aire de référence d’un compartiment sont comparables, et (3) la densité n’a pas changé de manière significative si la date de l’estimation est antérieure à celle du monitoring concerné. Dans les sous-compartiments sans aire de référence, le nombre de lynx déterminé repose sur le nombre minimal d’animaux identifiés lors du monitoring en question ou sur un avis d’experts si aucun monitoring opportuniste par pièges photographiques n’est réalisé dans le sous-compartiment considéré.

Le chat sauvage

Image de piège à photos d'un chat sauvage. Le chat sauvage frotte sa joue contre un poteau en bois.
Les propriétaires de chats domestiques connaissent souvent ce comportement typique de leur animal qui consiste à frotter sa tête contre quelqu’un ou quelque chose. Il s’agit d’un mode de communication intraspécifique : le chat dispose de glandes odorantes dans la zone des joues et en se frottant, il laisse une marque et donc des informations pour ses congénères. La latte présentée sur cette photo a été pulvérisée de valériane. Elle sert d’appât pour attirer les chats sauvages et déclencher le comportement de « frottement des joues ». © KORA

Des chats sauvages sont régulièrement pris en photo lors des sessions de monitoring du lynx mises en œuvre par le KORA dans le Jura. Ces clichés fournissent des données importantes sur la présence de ces animaux dans la zone de recherche. Un monitoring déterministe par piégeage photographique a été testé pour le chat sauvage dans le cadre d’un projet pilote, en synergie avec le monitoring du lynx dans le Jura et ce, afin de déterminer la taille de la population de chats sauvages. Ce projet a permis de montrer que les pièges photographiques étaient adaptés au monitoring du chat sauvage. Les chats sauvages et les chats domestiques se distinguent par certaines caractéristiques de leur pelage. Les individus peuvent également être différenciés entre eux par le motif de leur fourrure. Depuis la réalisation de ce projet, le KORA utilise aussi le monitoring déterministe par piégeage photographique pour le chat sauvage dans des aires de référence définies spécialement pour lui, afin d’observer la taille et l’évolution de la population. Ce monitoring des chats sauvages s’accompagne également d’un suivi génétique. Pour recueillir des échantillons, des appâts sont installés : sur chaque site de piège photographique, une latte en bois brut est mise en place sur laquelle est pulvérisée de la valériane. Les chats sauvages sont attirés et frottent leurs joues sur le poteau en bois rugueux, sur lequel ils laissent des poils. Ces poils sont alors collectés et peuvent être utilisés pour l’identification de l’espèce et de l’individu tout comme pour la détermination du taux d’hybridation par des techniques de biologie moléculaire.

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