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Rapport d'observation

Projets achevés

Luchs-Gems Projekt 2015-2018

Influence de la prédation du lynx et de la chasse sur le chamois

Un chamois se tient dans la forêt et regarde directement dans l'appareil photo.
Un chamois immortalisé par un piège photographique installé pour le suivi du lynx. © KORA

Les chevreuils, mais aussi les chamois, sont les principales proies du lynx en Suisse. Dans le cadre du projet Nord-Ouest des Alpes III, le KORA a constaté que le lynx prédatait tout particulièrement les faons du chamois au printemps et en été. Les populations de chamois semblent avoir fortement décliné ces dernières années dans certaines parties de la Suisse et de ses pays voisins. Les causes exactes de ce recul sont cependant largement inconnues. Certains facteurs peuvent entrer en ligne de compte, notamment des conditions climatiques défavorables, des perturbations dues à des activités de loisirs, une pression cynégétique excessive, les prédations du lynx ou la concurrence avec d’autres espèces (par exemple le cerf élaphe). Dans les régions d’occupation du lynx dans lesquelles le chamois est chassé, la question se pose de savoir quelle influence ces deux facteurs peuvent avoir sur l’évolution des populations de chamois.

Objectif(s)

Ce projet avait pour objectif d’étudier plus en détail l’influence du lynx et de la chasse sur le chamois et d’évaluer cette influence par rapport à d’autres facteurs (par exemple la mortalité hivernale). L’étude a porté sur le canton de Berne mais les résultats devraient également s’appliquer à d’autres régions.

Méthodes

Un lynx muni d'un collier émetteur mange une fente de chamois.
Le lynx SELO se nourissant d’un chamois prédaté. © KORA

Trois approches ont été sélectionnées pour résoudre la problématique posée :

1) Dans le cadre d’une étude de terrain, des lynx ont été munis d’émetteurs dans différentes régions de l’Oberland bernois entre 2016 et 2018, afin de retrouver le plus possible de proies prédatées. Dans le même temps, différentes hardes de chamois ont été observées plusieurs fois par an dans les mêmes zones afin de mesurer leur croissance annuelle. Des données supplémentaires, sur d’autres causes de morts de chamois (par exemple maladie, hiver) et sur les facteurs liés à l’homme (chasse, perturbations, etc.), ont également été recueillies.

2) Les données disponibles, provenant de la statistique de chasse et du suivi du lynx, ont été compilées. À partir de ces données, les populations de chamois vivant dans diverses zones de gestion du gibier du canton de Berne ont été reconstituées et comparées à celles d’autres régions (par exemple de cantons sans lynx). Cette démarche a pour but de permettre d’estimer rétrospectivement l’influence à long terme du lynx, de la chasse et d’autres facteurs (comme les conditions climatiques) sur l’évolution de la population de chamois.

3) Des modèles théoriques de population ont été utilisés pour simuler des scénarios de gestion en fonction d’objectifs et d’hypothèses divers. Ces modèles peuvent servir d’outils de décision afin d’optimiser au besoin la gestion de la chasse dans les régions occupées par le lynx.

Résultats et publications

Les résultats du projet ont été publiés dans le rapport suivant (en allemand) :

Informations sur le projet

Le projet lynx-chamois a été mené en parallèle avec le projet génétique du lynx en concertation avec les cantons concernés et les gardes-chasse sur place. La partie du projet sur le lynx a été pilotée par le KORA et financée par une fondation privée. La partie dédiée au chamois a été dirigée par le Dr Christian Willisch et soutenue par l’Inspection de la chasse du canton de Berne, la Fondation Stotzer-Kästli et la Fondation Zigerli-Hegi.

Durée du projet : de 2015 à 2018

Zone d’étude : Nord-Ouest des Alpes

Partenaires du projet :

  • Dr Christian Willisch, FIWI, Université de Berne
  • Inspection de la chasse et gardes-chasse du canton de Berne
  • Université de Bâle

Interlocutrice au KORA : Dr Kristina Vogt

Luchsforschung 1983-2015

Localisation des zones d’études des différentes phases des projets de recherche sur le lynx en Suisse jusqu’en 2015 (illustration de Breitenmoser et Breitenmoser-Würsten de 2008).

Lorsque le KORA a débuté ses activités, la plus grande partie de son travail de recherche était consacrée au lynx, qui a été réintroduit en 1971 dans les Alpes et en 1974 dans le Jura. La recherche et le suivi de l’évolution des populations ont commencé par le marquage par émetteur de deux premiers lynx en mars 1983 dans l’Oberland bernois. La radiotélémétrie a révolutionné la recherche sur la faune sauvage, en particulier pour les espèces aussi discrètes et rares que le lynx.

De 1983 à 2015, nous avons observé des lynx dans plusieurs régions de la Suisse ainsi que dans diverses conditions environnementales. Nous avons accompagné plus d’une centaine de lynx pendant une partie de leur vie grâce à la radiotélémétrie. La recherche sur le lynx en Suisse a donné lieu à six projets distincts, ayant étudié des problématiques différentes :

1) de 1983 à 1988 : dans le Nord-Ouest des Alpes I, 2) de 1985 à 1988 : dans le Valais, 3) de 1988 à 1998 : dans le Jura, 4) de 1997 à 2001 : dans le Nord-Ouest des Alpes II, 5) de 2001 à 2009 : dans le Nord-Est de la Suisse, 6) de 2012 à 2015 : dans le Nord-Ouest des Alpes III.

Suisse centrale et Nord-Ouest des Alpes I, 1983 – 1988

L’étude initiale de télémétrie d’envergure sur le lynx eurasien a fourni de premiers résultats sur la distribution spatiale et sociale de onze lynx, ainsi que sur le choix de leurs proies. À cette époque, les populations de lynx et de proies étaient stables et l’impact du lynx sur ses proies était négligeable.

Valais 1985 – 1988

En Valais, de 1985 à 1988, six lynx situés au front de colonisation de la population ont été équipés de colliers émetteurs. Les autorités locales se plaignaient d’une forte baisse du nombre de chevreuils et de chamois. Dans une étude de 1992 (Zur Ökologie des Luchses Lynx lynx im Verlauf seiner Wiederansiedlung in den Walliser Alpen), Haller indique que, dans la zone de chasse de la vallée de Tourtemagne, il y a eu une chasse intensive des deux espèces par le lynx. Le chevreuil a même disparu temporairement. Ces constatations contrastaient fortement avec les résultats obtenus dans le Nord-Ouest des Alpes.

Comparaison de la distribution de chevreuils et de chamois tués par un lynx dans le territoire établi du lynx dans le Nord-Ouest des Alpes (en haut) et dans l’aire de répartition du Valais (en bas) (illustration de Breitenmoser & Breitenmoser-Würsten 2008).

Jura 1988 – 1998

Les recherches sur la population de lynx réintroduite dans le Jura ont commencé 14 ans après la première réintroduction et duré jusqu’en 1998. Cette première étude à long terme sur 29 lynx nous a permis de recueillir des données sur la stabilité de la structure spatiale et sociale, sur la démographie et sur la migration des jeunes individus. La grande quantité de données obtenue nous a également permis de calculer les premiers modèles de distribution spatiale. Les études sur les choix alimentaires ont montré des préférences saisonnières pour différentes catégories de proies, l’influence sur les proies restant cependant constante au fil des ans.

Nord-Ouest des Alpes II 1997 – 2001

À partir du milieu des années 1990, les attaques sur les animaux de rente ont fortement augmenté, tout comme les observations de lynx. Pendant la période d’étude, 44 lynx ont été capturés et équipés de colliers émetteurs. Nous avons découvert que la densité de lynx était nettement plus élevée que dans les années 1980. L’impact sur les populations de proies était également supérieur à ce qui avait été observé précédemment. La population de chevreuils était sous une forte pression due à une chasse intensive ainsi qu’à des hivers plus rudes. En plus des études sur les structures spatiale et sociale, la dispersion et la démographie, les recherches se sont surtout intéressées aux attaques du lynx sur le bétail. En 1998, nous avons commencé à utiliser des pièges photographiques afin d’estimer la taille de la population par la méthode de capture-recapture.

Nord-Est de la Suisse, LUNO, 2001 – 2009  

Un lynx est libéré d'une caisse de transport.
Libération du mâle WERO © Andreas Ryser

Suite aux tensions découlant de la présence du lynx dans le Nord-Ouest des Alpes à la fin des années 1990, la Confédération a élaboré un nouveau concept de gestion du lynx, qui autorise l’élimination d’animaux causant des dommages et prévoit la réduction de fortes densités de populations par le biais de déplacements ou de tirs. Après un avis favorable du gouvernement cantonal, le parlement de Saint-Gall a voté en novembre 2000 en faveur du postulat de Trionfini attestant que le lynx pouvait être réintroduit dans le canton de Saint-Gall. La fédération (OFEFP – aujourd’hui l’OFEV) ainsi que les cantons de Zurich, Saint-Gall, Thurgovie, Appenzell Rhodes-Intérieures et Appenzell Rhodes-Extérieures ont donc lancé le projet Luchsumsiedlung Nordostschweiz LUNO (Translocation de lynx dans le Nord-Est de la Suisse). Les lynx provenaient du Nord-Ouest des Alpes ainsi que du Jura. Le KORA et le FIWI ont été mandatés pour assurer la capture des lynx, leur relocalisation ainsi que leur suivi après leur libération dans le Nord-Est de la Suisse. Le suivi par radiotélémétrie des animaux relâchés a permis d’étudier la mise en place d’une structure spatiale, le choix des proies et le comportement de chasse. Le suivi de la petite population de lynx dans le Nord-Est de la Suisse a été intégrée dans le monitoring à l’échelle nationale en 2009. Tous les trois à quatre ans, nous réalisons une étude systématique au moyen de pièges photographiques.

Méthodes

Captures et libérations

Entre 2001 et 2008, sept lynx ont été déplacés dans le Nord-Est de la Suisse depuis le Nord-Ouest des Alpes et cinq depuis le Jura. Tous les animaux ont été placés dans une station de quarantaine après leur capture. Les employés du FIWI (Centre de médecine pour poissons et animaux sauvages) se sont occupés des lynx pendant la quarantaine. Avant leur libération, ils ont été à nouveau examinés par un vétérinaire et munis d’un collier émetteur.

Résultats et publications

Zone de résidence des lynx dans le Nord-Est de la Suisse quelques mois après leur libération. Rouge = femelles, bleu = mâles. © KORA

Zones d’habitat et migrations

Les animaux transférés ont été trouvés quelques mois plus tard avec un groupe voisin, ce qui est habituel dans une population de lynx. Une femelle a toutefois traversé la plaine du Lindt par le Sud-Ouest et s’est installée dans les cantons de Glaris et de Schwyz et un mâle a rejoint la population du Nord-Est de la Suisse après avoir migré pendant plus d’une année. Avant cela, il était allé jusqu’à la ville de Zurich et était resté 4 mois sur le Zürichberg à proximité de la ville. En moyenne, la surface du territoire d’une femelle est de 100 km² et celui d’un mâle de 172 km².

Proie

Au cours de la phase de monitoring, nous avons pu documenter 206 proies grâce à la télémétrie, dont 150 chevreuils (73 %) et 45 chamois (22 %). Les autres espèces occasionnelles capturées par le lynx étaient des renards (4), des lièvres brun (5), et des marmottes (2). Les proies de lynx trouvées de façon fortuite par d’autres personnes (puis confirmées par le KORA ou par un garde-faune) étaient les suivantes : chevreuil (127), chamois (17), lièvre brun (1), renard (1), marmotte (1) et deux chèvres. Onze lapins et deux cochons d’Inde ont probablement été tués par deux jeunes lynx orphelins, qui voulaient éviter la famine en tuant des proies faciles. Au moins un de ces jeunes a survécu à l’hiver, mais il a été renversé par une voiture au printemps suivant.

Reproduction

Un lynx est assis dans la forêt avec ses deux petits.
NURA avec ses deux jeunes au-dessus d’Amden (SG), 2005. © Andreas Ryser

Entre la première reproduction dans la zone de réinstallation en 2002 et la fin du monitoring systématique par pièges photographiques à l’hiver 2011/2012, nous avons observé 16 portées d’au moins 31 jeunes. Parmi ceux qui sont nés dans le Nord-Est de la Suisse, onze étaient encore vivants fin avril 2012. Nous manquons d’informations sur 20 lynx nés dans le Nord-Est de la Suisse. Au moins un lynx subadulte a quitté le compartiment et s’est installé à 200 kilomètres au sud, dans le parc naturel italien Adamello Brenta. En 2008, un autre jeune lynx a été renversé à Landquart dans le canton des Grisons. Trois femelles et deux mâles nés dans le Nord-Est de la Suisse se sont déjà reproduits. Nous sommes sûrs que, sur les 12 lynx introduits depuis le Nord-Ouest des Alpes et du Jura, quatre femelles ont eu des petits (de trois mâles). Entre 2011 et 2012, un jeune mâle subadulte a migré depuis le Jura à travers le canton de Thurgovie, le long de la rive Ouest du lac de Constance jusqu’à la vallée du Rhin, où il a rejoint la population du Nord-Est de la Suisse.

Sort des lynx déplacés

Sur les 12 animaux déplacés, nous savons ce qu’il est advenu de quatre d’entre eux. Début 2012, ALMA et probablement NOIA ont vécu en sécurité dans le Nord-Est de la Suisse. VINO est décédé en 2003, AYLA a été renversé en 2004 et WERO a été trouvé mort en 2010. Les sept autres lynx ont disparu sans laisser aucune trace. AURA, BAYA, ROCO et ODIN n’ont plus jamais pu être localisés après que leur collier télémétrique a arrêté d’émettre. En revanche, TURO, NURA et AIKA ont encore été photographiés pendant respectivement trois, quatre et six ans après la perte de leur collier télémétrique.

Appréciation de la translocation

Un jeune lynx se promène dans la forêt.
Jeune lynx photographié en février 2012. Il s’agit d’un « petit-fils » de la femelle ALMA, originaire du Jura. © KORA

Le fait que nous ayons pu prouver la présence de dix lynx adultes et de quatre jeunes de deux femelles différentes pendant le monitoring intensif de 2012 dans le Nord-Est de la Suisse, 12 ans après le début du projet, nous rend optimistes. Un nouveau noyau de population avait été créé. Néanmoins, la population est encore réduite, et certains événements aléatoires peuvent avoir un impact important sur son évolution. Les perspectives à long terme dépendent aussi des conditions et des événements des régions voisines : l’immigration d’un jeune mâle du Jura bernois ou la migration de deux jeunes lynx vers le Grison indiquent qu’il existe des interactions.

C’est pourquoi le projet LUNO devrait prendre une dimension plus large, voire internationale. Durant ces dernières années, le lynx n’a pu agrandir son territoire que dans le Nord-Est de la Suisse. La population LUNO pourrait permettre la formation d’une population dans l’Est des Alpes, mais nous n’avons pas encore d’indications claires qui prouvent une telle évolution.

Bien que le projet LUNO soit modeste et ne dénombre que quelques animaux, il a une grande valeur en tant que projet de gestion et de conservation du lynx en tenant compte de sa situation en Suisse et dans les Alpes en général. Nous avons de fortes indications que de telles réintroductions répétitives sont décisives pour le futur du lynx dans les Alpes.

Vous trouverez plus d’informations sur les résultats et les découvertes dans ce domaine dans les deux rapports suivants :

  • Ryser A., von Wattenwyl K., Ryser-Degiorgis M.-P., Willisch Ch., Zimmermann F. & Breitenmoser U. 2004. Luchsumsiedlung Nordostschweiz 2001-2003. Schlussbericht Modul Luchs des Projektes LUNO. KORA Bericht Nr. 22, 59 pp.
  • Robin K. & Nigg H. 2005. Luchsumsiedlung Nordostschweiz LUNO. Bericht über die Periode 2001 bis 2003. Schriftenreihe Umwelt Nr. 377. Bundesamt für Umwelt, Wald und Landschaft, Bern; 53 S.

Nord-Ouest des Alpes III 2012 – 2015

Bases pour la conservation et la gestion de la population de lynx dans le Nord-Ouest des Alpes

Trois lynx voisins dans le Simmental 2011. © KORA

La population de lynx dans le Nord-Ouest des Alpes s’est développée après la réintroduction de lynx provenant des Carpates slovaques dans les cantons d’Obwald et de Vaud au début des années 1970. Jusqu’à aujourd’hui, l’Oberland bernois et les Préalpes adjacentes des cantons de Fribourg et de Vaud abritent la plus importante population de lynx des Alpes. Bien qu’il soit protégé par la loi, le lynx est encore l’objet de controverses avec les chasseurs, qui l’accusent de décimer le gibier, ces polémiques entravant le développement d’une population pan-alpine. En outre, des études ont montré que la population de lynx dans les Alpes occidentales du Nord n’est ni assez grande ni suffisamment diversifiée génétiquement pour survivre à long terme. La base génétique de 40 années de recherche sur le peu d’animaux établis dans la population du Nord-Ouest des Alpes est étroite. Les 50 animaux résidents dans le compartiment VI du Nord-Ouest des Alpes seraient plutôt estimés à 20 si l’on prend en compte le haut coefficient de consanguinité de la taille effective de la population. Jusqu’à présent, il n’y a pas de signe de dépression de consanguinité réelle, mais la base de données de la dernière enquête faite en 2001 sur le terrain est peu fournie. Il semblerait également qu’une augmentation de la population – qui est souhaitable pour des raisons biologiques – romprait à nouveau le conflit avec les chasseurs concernant le nombre tolérable de lynx.

C’est pourquoi, après les phases de projet des périodes 1983 – 1986 et 1998 – 2001, nous avons voulu refaire le point sur la situation du lynx d’un point de vue médical et génétique dans le Nord-Ouest des Alpes. Nous avons donc participé à deux projets : d’une part, le projet chevreuil de l’Université de Zurich, qui prévoyait de munir des chevreuils d’émetteurs dans la région considérée afin d’étudier l’impact du lynx sur ses proies, et d’autre part, un projet de l’Université de Bâle portant sur la communication olfactive du lynx eurasien dans le Nord-Ouest des Alpes suisses (SMEL), qui a fourni des informations supplémentaires sur le comportement social du lynx.

Objectif(s)

Notre projet avait pour objectif de contribuer à la préservation de la population de lynx et, en utilisant les méthodes les plus récentes, d’étudier les aspects suivants :

  • La situation démographique, génétique et médicale
  • L’impact du lynx sur la population de chevreuils
  • La distribution spatio-temporelle de l’habitat par les marques olfactives
  • La communication entre les différentes parties prenantes (comme les écologistes ou les chasseurs)

Méthodes

Nous avons appliqué une démarche interdisciplinaire ainsi que des techniques modernes de terrain et de laboratoire et la télémétrie GPS-GSM et les pièges photos et vidéos nous ont permis de définir le comportement et la répartition spatiale des lynx. Des échantillons génétiques ont été recueillis afin d’établir la lignée et la parenté des lynx et de déterminer leur état de santé général et le facteur de consanguinité de la population.

Résultats et publications

Les résultats du projet ont notamment été publiés dans les ouvrages suivants :

Informations sur le projet

Durée du projet : 2012 – 2015

Zone d’étude : Nord-Ouest des Alpes

Partenaires du projet :

  • Projet chevreuil dans le Simmental, Université de Zurich
  • Projet SMEL de l’Université de Bâle et KORA

Sponsors :

  • Haldimann-Stiftung
  • Stotzer-Kästli Stiftung
  • Zürcher Tierschutz
  • Temperatio-Stiftung
  • Karl Mayer Stiftung
  • Stiftung Ormella

Contact KORA : Kristina Vogt

SMEL 2011-2015

Comportement de marquage par l’odeur chez le lynx eurasien dans le Nord-Ouest des Alpes suisses

Un lynx se tient devant une paroi rocheuse et la marque avec son urine.
Le lynx entretient régulièrement ses sites de marquage. Image d’un piège photographique, Oberland bernois, 2011. © KORA

Les félidés solitaires occupent de vastes territoires où ils ne tolèrent aucun autre individu adulte du même sexe (le territoire se chevauche avec celui d’un partenaire sexuel). Les contacts directs entre individus sont rares, à l’exception des femelles avec leurs jeunes à charge. Le marquage par l’odeur est un moyen important pour eux d’échanger des informations. Le lynx eurasien (Lynx lynx) est un exemple idéal pour examiner l’organisation sociale et spatiale des félidés sauvages et leur mode de communication olfactive par marquage d’urine. Une population de lynx est généralement constituée de mâles et de femelles résidents (partenaires sexuels ou voisins), de lynx subadultes en provenance de l’extérieur qui n’occupent pas encore de territoire fixe, et de lynx juvéniles ou subadultes descendants des lynx résidents. Pour tous les membres d’une population de lynx, il est essentiel d’obtenir et de partager des informations concernant le statut social, le sexe et l’état physiologique des voisins. Aucune étude n’a cependant été réalisée jusqu’à présent sur l’importance de ces marquages par l’odeur sur la stabilité de l’organisation du système socio-spatial.

Pour la conservation et la gestion d’une population d’animaux, il est essentiel de comprendre son fonctionnement de base. Les populations de lynx eurasiens sont généralement de faible densité, mais le nombre d’individus peut varier considérablement selon les fluctuations de celui des proies disponibles, ce qui peut provoquer des conflits avec l’homme. Le Parlement suisse et le gouvernement autorisent des interventions dans des populations de grands prédateurs. Néanmoins, les effets potentiels de ces interventions sur la structure socio-spatiale de la population de lynx ne sont pas clairs. Bien que des fluctuations considérables aient été observées, l’expansion spatiale de la population reste très limitée. Cette situation est probablement due à la mortalité causée par l’homme et à la fragmentation de l’habitat du lynx dont l’homme est en partie responsable, mais également au modèle de distribution et de colonisation naturelle du lynx. Pour la conservation et la gestion des populations de lynx, il est donc essentiel de comprendre son organisation sociale et le rôle du marquage à l’odeur.

Objectif(s)

Trois cerfs se tiennent autour d'un tas de bois dans la forêt et le sentent.
Trois chevreuils inspectant un site de marquage de lynx. Piège photographique, Oberland bernois, 2011. © KORA

Le projet de recherche mené en collaboration avec l’Université de Bâle visait à étudier l’influence des marques olfactives sur la distribution spatiale et le comportement de reproduction du lynx eurasien dans une population donnée. L’étude avait également pour but d’analyser les réactions de proies potentielles aux marquages olfactifs et la composition chimique de l’urine du lynx mais aussi de tester dans des zoos la façon dont le lynx répondait aux marquages à l’odeur.

Méthodes

Nous avons opté pour une approche interdisciplinaire impliquant des techniques modernes de laboratoire et sur le terrain. Grâce à la télémétrie GPS-GSM et aux pièges photographiques, nous avons pu déterminer la distribution spatiale du lynx et son comportement, mais aussi, grâce à la chromatographie en phase gazeuse et à la spectrométrie de masse, identifier et quantifier l’urine à partir des échantillons recueillis.

Résultats et publications

Les résultats de cette étude sont parus dans les publications suivantes :

Photo de nuit d'un lynx marquant un tas de bois avec son urine.
Un lynx en train de marquer son territoire sur un tas de bois. © KORA

Informations sur le projet

Durée du projet : 2011 – 2015

Zone d’étude : Nord-Ouest des Alpes

Partenaires du projet :

  • Projet chevreuil dans le Simmental, Université de Zurich
  • Université de Bâle

Sponsors :

  • Janggen-Pöhn-Stiftung
  • Basler Stiftung für Experimentelle Zoologie
  • Rockethub Crowdfunding Projekt
  • Basler Stiftung für biologische Forschung

Contact KORA : Kristina Vogt

Partenaire d’équipement :

TRANSA 

SCOPES 2010-2012

Statut, écologie et système d’occupation du territoire du lynx des Balkans, une sous-espèce en danger critique d’extinction

Un lynx se cache derrière les arbres dans la forêt.
Observation de Marko © MES/SCOPES, SNF

Le programme de recherche « Status, ecology and land tenure system of the critically endangered Balkan lynx » (statut, écologie et système d’occupation du territoire du lynx des Balkans en danger critique d’extinction) entrant dans le cadre du programme SCOPES (Scientifc Co-operation between Eastern Europe and Switzerland), a constitué, de 2010 à 2012, la partie scientifique du programme du lynx des Balkans.

Ce projet, qui prévoyait une coopération entre scientifiques des Universités de Berne, de Skopje (Macédoine du Nord) et de Tirana (Albanie), a permis d’obtenir les connaissances biologiques et écologiques ayant servi de base au projet de conservation des espèces sur les trois questions spécifiques suivantes :

  • Distribution, système social et préférences d’habitat du lynx des Balkans
  • Écologie alimentaire du lynx des Balkans et recommandations pour une gestion durable des proies
  • Formation des étudiants dans les deux pays en matière d’écologie de la faune sauvage et de suivi scientifique

Méthodes

Les méthodes de terrain utilisées étaient les suivantes : télémétrie GPS-GSM pour surveiller le lynx et pièges photographiques pour les estimations de capture-recapture (lynx) et les analyses d’« occupation » (proies).

Un lynx anesthésié est allongé sur une couverture au sol et est examiné par l'équipe de recherche.
Capture du lynx mâle Marko dans le parc national de Mavrovo en Macédoine du Nord, avec des gardes-forestiers locaux.

Résultats et publications

Trois lynx ont été équipés de systèmes GPS-GSM dans le parc national de Mavrovo situé dans le Sud-Ouest de la Macédoine du Nord. Les proies trouvées grâce à la télémétrie étaient principalement des chevreuils et des chamois. Quelques lièvres ont également été découverts. La taille de territoire qui a été déterminée était de 300 à 400 km², ce qui indique une très faible densité. Cette constatation a été confirmée suite à la mise en place de deux pièges photographiques dans la même zone, qui ont permis de conclure à une densité de 0,82 ± 0,29 lynx pour 100 km² seulement. En Albanie, il a fallu attendre trois ans pour avoir la preuve de la présence du lynx dans deux régions grâce à des pièges photographiques et ce, dans la massif de la Munella et le parc national Shebenik-Jabllanice. La présence d’une petite population (de 4 à 5 animaux) dans le massif de la Munella a pu être confirmée plus tard dans le cadre du programme de rétablissement du lynx des Balkans. Aucune estimation de la présence de proies n’a été possible du fait de données insuffisantes. Nous supposons cependant qu’il y a peu de chevreuils et de chamois car leurs populations ne sont pas gérées de manière durable.

Le projet a montré que la population de lynx des Balkans était très faible et que sa préservation exige des efforts concertés de tous les partenaires et de l’ensemble des institutions.

Pour plus d’informations : article « Rescuing the Balkan lynx », Projects Magazine, January 2013, pages 62 à 64, Insight Publishers ; et base de données de recherche P3 du FNS, projet 127948.

Quatre mémoires de master ont été rédigés dans le cadre du projet :

  • Trajçe A. 2010. Conservation planning for guilds or individual species? The relative perceptions of wolves, bears and lynx among the rural Albanian public. Master thesis, University of Oxford, UK, 86 pp.
  • Tesho L. 2011. Qëndrueshëmeria e gjuetisë dhe menaxhimi I kafshëve të egra në Shqipëri [Sustainable hunting and management of wildlife in Albania]. Master thesis, University of Elbasan, Albania, 52 pp.
  • Melovski D. 2012. Status and distribution of the Balkan Lynx (Lynx lynx martinoi MIRIC, 1978) and its prey. Master thesis, Faculty of Natural Sciences, University of Montenegro, 82 pp.
  • Ivanov G. 2014. Spatially explicit model for habitat suitability and potential distribution of the critically endangered Balkan lynx (Lynx lynx balcanicus Bures 1941). Master thesis, Institute of Biology, Faculty of Natural Sciences and Mathematics, Ss. Cyril and Methodius University, Skopje, Macedonia, 73 pp.

Informations sur le projet

Durée du projet : 2010 – 2012

Localisation : ouest de la Macédoine du Nord et Est et Nord de l’Albanie

Partenaires du projet :

  • Institut de virologie vétérinaire, Université de Berne, Suisse
  • Faculté de sciences naturelles et de mathématiques, Université de Skopje, Macédoine du Nord
  • Macedonian Ecological Society (MES)
  • Faculté de biotechnologie et alimentation, Université d’agriculture de Tirana, Albanie
  • Protection and Preservation of Natural Environment in Albania (PPNEA)
Photo panoramique du parc national de Mavrovo.
Parc national de Mavrovo, Macédoine du Nord © MES

Sponsors : Fonds national suisse (FNS) et Direction du développement et de la coopération (DDC) dans le cadre du programme SCOPES (Scientific co-operation between Eastern Europe and Switzerland)

Contact à l’Université de Berne et au KORA : Urs Breitenmoser, Manuela von Arx

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