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Rapport d'observation

Portrait

Caractéristiques

Chat sauvage, également appelé chat forestier (Felis silvestris)

Un chat sauvage se tient dans la prairie et regarde directement dans la caméra.
Le chat sauvage d’Europe. © Laurent Geslin
  • Aspect : de pelage gris jaunâtre présentant souvent un motif brun-noir délavé, il est clairement reconnaissable à ses 4 à 5 rayures dans le cou, à ses rayures sur les épaules et à sa ligne dorsale qui s’étend jusqu’à la racine de la queue. Sa queue, plutôt touffue, est longue de 27 à 35 cm, marquée d’anneaux noirs caractéristiques, au bout arrondi avec un manchon noir.
  • Taille : légèrement plus gros que le chat domestique, d’une longueur (truffe-base de la queue) comprise entre 43 et 65 cm.
  • Poids : mâle adulte jusqu’à 7 kg, femelle jusqu’à 5 kg.
  • Espérance de vie : jusqu’à 10 ans en liberté.

Statut de protection et menaces

Statut légal :

Liste rouge des espèces menacées :

1 Jusqu’à récemment, les chats sauvages d’Europe, d’Afrique et d’Asie étaient considérés comme appartenant à une espèce commune comportant plusieurs sous-espèces. Dans leur revue de 2017 de la taxinomie de toutes les espèces de chats sauvages, Kitchener et al. ont cependant constaté que le chat sauvage d’Europe était une espèce distincte. L’évaluation globale, tout comme celle du chat sauvage d’Europe, reposent toujours sur l’ancienne taxinomie. Elles doivent être remplacées dès que possible.

Un chat sauvage s’accouplant avec un chat domestique. © Laurent Geslin

L’espèce pourrait être menacée par l’omniprésence du chat domestique, qui ne descend pas du chat sauvage d’Europe mais du chat sauvage d’Afrique ou chat ganté (Felis silvestris lybica). Le chat domestique, qui s’est largement répandu en Europe centrale à partir des années 900 environ après J.-C., est aujourd’hui l’un des animaux domestiques les plus appréciés et répandus. Les accouplements entre chats domestiques et chats sauvages produisent des descendants fertiles appelés « hybrides ». L’hybridation peut être une menace pour une espèce dont la population est réduite et fragmentée en entraînant sa disparition génétique. Divers projets étudient à l’heure actuelle le degré de gravité de cette menace pour le chat sauvage d’Europe. En Allemagne par exemple, plusieurs milliers d’échantillons de poils ont fait l’objet ces dernières années d’analyses génétiques dans le cadre d’une étude menée à grande échelle, qui a révélé que le degré d’hybridation était d’environ 3 %. En Écosse en revanche, le chat sauvage est considéré comme une espèce largement éteinte suite à son hybridation avec le chat domestique (Review of the conservation Status of the wildcat in Scotland). Les facteurs influant sur l’hybridation n’ont pas encore été suffisamment étudiés et sont justement l’une des problématiques traitées dans le cadre du projet Chat sauvage du KORA.

Les chats domestiques peuvent transmettre des maladies aux chats sauvages, qui sont aussi menacés par la fragmentation et la dégradation de leurs habitats (perte de la diversité et de la richesse des structures) et par les accidents de la route.

Structure spatiale et sociale

Un chat sauvage marque une latte appâtée qui a été installée par le KORA © KORA

Les chats sauvages préfèrent vivre dans des régions richement structurées et offrant de bons couverts végétaux, comme les forêts de feuillus et alluviales. S’il dispose d’abris et de proies en quantité suffisante, par exemple grâce à diverses petites structures, le chat sauvage peut également vivre dans des régions dégagées sans accès direct à une forêt.

Le chat sauvage vit en solitaire dans un territoire dont la taille peut varier selon les ressources (disponibilité en nourriture, etc.), la présence d’endroits tranquilles, ainsi que de la saison. Les femelles ont généralement un territoire beaucoup plus réduit que les mâles. Selon les estimations, ces territoires peuvent être de 2 à 5 km² pour les femelles et atteindre 12 km² pour les mâles.

Le chat sauvage marque son territoire avec l’odeur de son urine et le défend contre les intrusions de voisins. Le territoire du mâle atteint sa taille maximale durant la période de rut. À l’inverse, le champ d‘action de la femelle est le plus restreint pendant l’élevage de ses petits.

Reproduction

Le rut du chat sauvage a lieu de janvier à mars. L’accroissement de l’activité pendant cette période, en particulier pour le mâle, conduit à une perte de poids importante. Les chats sauvages n’ont qu’une seule portée par an. Après une gestation de 68 jours, 1 à 6 petits (en moyenne 3 à 4) aveugles et velus, naissent entre la fin du mois de mars et le début juin. La femelle met bas dans un abri sec, protégé, sous des racines, dans le creux d’un arbre ou dans une tanière de renard abandonnée. Seule la femelle s’occupe des petits. Ils sont allaités pendant 3 à 4 mois, mais ils consomment de la viande apportée par leur mère dès l’âge d’un mois. Peu de temps après, la mère emmène ses petits à la chasse. À l’âge de 5 à 6 mois, les jeunes sont indépendants et quittent leur mère durant l’automne. En cherchant leur propre territoire, beaucoup de jeunes chats sauvages meurent de faim ou sont victimes d’accidents de la circulation. À 10 mois, le chat sauvage atteint sa maturité sexuelle. S’il parvient à trouver un territoire, il peut se reproduire dès l’âge de deux ans.

Nourriture

Les petits mammifères jouent un rôle important en tant que proies dans le régime alimentaire du chat sauvage. Photo d’un piège photographique, Jura, 2016. © KORA

Selon son aire de répartition, le chat sauvage d’Europe chasse essentiellement des souris et, s’il y en a, des lapins sauvages. Il chasse parfois aussi des oiseaux, poissons, reptiles, amphibiens et insectes, élargissant ainsi son spectre alimentaire selon les régions ou les saisons. En Suisse, 90 % de ses proies sont des souris et plus particulièrement des campagnols. Étant un prédateur actif surtout au crépuscule, le chat sauvage est équipé d’excellents organes sensoriels. Ses griffes rétractables acérées lui permettent de saisir sa proie, qu’il peut tuer, selon sa taille, par une morsure à la gorge ou en lui brisant le crâne. Des quantités considérables de nourriture pour un poids total de 452 g et totalisant jusqu’à 24 proies ont été retrouvées dans l’estomac d’un chat sauvage retrouvé mort.

Histoire en Suisse

Le chat sauvage, qui était autrefois répandu sur le Plateau et dans le Jura, avait presque complètement disparu à la fin du XVIIIe siècle. Selon deux citations tirées de la littérature de la chasse, le chat sauvage « fait partie (…) des prédateurs les plus nuisibles de notre pays », et « les chasseurs doivent empêcher cet hôte indésirable de se reproduire par n’importe quel moyen ». Cette attitude envers les chats sauvages a conduit à l’effondrement des populations. Depuis 1962, le chat sauvage est cependant protégé en Suisse. Il est impossible de savoir s’il a été totalement éradiqué à un moment donné mais quelques réintroductions, de quelques animaux seulement, ont eu lieu. Le chat sauvage a également pu immigrer dans le Jura en provenance d’autres pays, en particulier du Sundgau et de Bourgogne.

Mensch und Wildkatze

Le chat sauvage est un habitant de la forêt très discret, qui est à peine remarqué par l’homme. Il entre rarement en conflit avec lui, sauf quand il lui arrive de s’emparer d’une poule. En tant qu’animal sauvage de la faune indigène, le chat sauvage est protégé depuis 1962 et sa chasse ou sa capture sont strictement interdites.

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